Un enfant angoissé face à ses parents qui se disputent

L’évaluation de la santé mentale

Question Les classifications modernes
AnswerLa deuxième guerre mondiale est à l’origine des classifications modernes de la santé mentale.  En effet, pendant la deuxième guerre mondiale les psychiatres américains ont réformé 10 fois plus de conscrits pour troubles mentaux dans un centre de recrutement de la côte ouest que dans un autre centre de l’est.  Des recherches ont été entreprises pour laisser moins de place à l’interprétation des praticiens afin de corriger cette aberration.  La relation entre le nombre de symptômes et la gravité des troubles mentaux a été mise en évidence pendant les années 50.  Finalement, en 1979 une nouvelle version de la classification américaine des troubles mentaux a été publiée : le DSM-III (Diagnostic and Statistical Manual for Mental Disorders, 3rd version).

Depuis le DSM-III les troubles mentaux sont définis par un nombre de symptômes et de critères diagnostics précis.  Cela rend la santé mentale mesurable et son évaluation fiable.   L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a emboité le pas avec la CIM-10 (Classification Internationale des Maladies, version 10).  Plusieurs versions ultérieures ont cherché à améliorer le DSM-III.  Actuellement nous en sommes au DSM-V.

Question Limites
AnswerLa complexité du cerveau et la diversité des situations individuelles n’ont pas encore permis d’apporter un support théorique aux classifications modernes.  Or les théories ont une fonction explicative.  En médecine, la plupart des avancées thérapeutiques importantes ont suivi la compréhension des mécanismes qui causent la maladie.  Comme les causes des troubles mentaux demeurent peu comprises, les améliorations apportées par le DSM-III dans le domaine de l’évaluation n’ont pas été accompagnées d’avancées thérapeutiques comparables.

L’efficacité des traitements ne progressant que lentement, l’approche de la santé mentale fiable et basée sur la mesure est critiquée et mise en doute par les tenants des approches centrées sur l’expérience individuelle.  Ces derniers sont partisans de psychothérapies et de pratiques psychosociales.  Ils sont généralement opposés à la médication, bien que les études montrent que les deux traitements soient souvent complémentaires.

Question Diagnostics
AnswerAujourd’hui en santé mentale, sauf exceptions le diagnostic est basé sur un nombre minimum de critères diagnostics.
Question Critères diagnostics
AnswerLes classifications établissent une liste de symptômes pour chaque diagnostic. Tous les enfants ont des symptômes. Tous sont troublés, agités, ou surexcités à certains moments. Mais pour qu’un symptôme soit un critère diagnostic il doit être fréquent, durable et avoir un impact sur la vie quotidienne (détresse, perturbation du fonctionnement). Pour déterminer un diagnostic (ex. la dépression) un nombre minimum de critères doit être atteint. Lorsqu’elle est définie par un nombre de critères la santé mentale devient mesurable. C’est la méthode utilisée de nos jours (OMS, etc.) pour évaluer la santé mentale.
Question Tendances du Dominic
AnswerDominic n’établit pas de diagnostics, mais des «Tendances», basées sur un nombre minimum de réactions plus ou moins appropriées. Les réactions inappropriées sont considérées comme des symptômes.  Les jeunes ne peuvent pas estimer de façon fiable la fréquence et la durée de leurs symptômes ni la détresse ou la perturbation qu’ils entraînent. Les Tendances du Dominic apportent une information quantitative et signalent les problèmes de façon précoce, car elles sont établies à partir de réactions qui ne possèdent ni la fréquence, ni la durée, ni la gravité des critères diagnostiques.
Question Classifications catégorielle et dimensionnelle
AnswerLes classifications médicales sont dites catégorielles parce qu’elles définissent deux catégories : normal et pathologique. Les classifications psychologiques sont dites dimensionnelles parce qu’elles classent les sujets sur une ou plusieurs dimensions allant de 0 % à 100 %.

Les Tendances évaluées par Dominic

Question Anxiété généralisée
AnswerL’anxiété généralisée est une tendance à l’anxiété en général. Il s’agit d’appréhensions excessives difficiles à contrôler concernant un certain nombre d’événements ou d’activités comme par exemple les performances scolaires, et qui peuvent concerner à peu près n’importe quel domaine.
Question Anxiété de séparation
AnswerL’anxiété de séparation est une extrême anxiété concernant la séparation d’avec la maison ou les personnes auxquelles l’enfant est attaché, en général les parents. Les réactions à la séparation sont excessives et inappropriées, beaucoup plus importantes que celles attendues en fonction du développement de l’enfant. L’anxiété de séparation est normale chez le jeune enfant, mais elle s’estompe avant la scolarisation.
Question Consommation de substances psychoactives
AnswerLa consommation de substances psychoactives commence souvent à l’adolescence. Le cannabis, l’alcool et le tabac sont généralement les premières substances essayées. Les substances psychoactives qui peuvent devenir addictives augmentent l’activité du système cérébral qui produit des sensations de plaisir.
Question Déficit de l’attention/hyperactivité
AnswerLes enfants qui ont une tendance au déficit de l’attention/hyperactivité ont du mal à soutenir leur attention, font des fautes d’étourderie, semblent ne pas écouter quand on leur parle, ne se conforment pas aux consignes, sont désorganisés et se laissent facilement distraire. Ils remuent et se tortillent sur leur siège, courent ou grimpent partout et ont du mal à rester tranquilles. Ils ont du mal à attendre leur tour, interrompent les autres et font irruption dans les conversations ou dans les jeux.
Question Forces et compétences
AnswerLes forces et les compétences d’un enfant sont un ensemble de capacités personnelles et d’habiletés qui sont importantes pour maintenir des comportements sociaux harmonieux dans des situations et des environnements variés (les pairs, la maison, l’école). Cela inclut une impression positive de ses compétences personnelles ainsi qu’une aptitude à établir et à maintenir de bonnes relations. Ces habiletés protègent les jeunes contre les problèmes de santé mentale et entraînent une «résilience».
Question Personnalité limite ou ‘Borderline’
AnswerLa personnalité limite ou ‘borderline’ est caractérisée par l’impulsivité et l’instabilité des relations interpersonnelles, de l’image de soi et des affects. Les émotions excessives et changeantes suscitent des comportements agressifs ou autodestructeurs. Les relations sont instables et intenses. Les menaces de suicide sont fréquentes et les gestes suicidaires traduisent à la fois la détresse et une tentative de manipulation. Les comportements de risque pour se sentir exister comblent un sentiment de vide. Les jeunes ‘borderline’ sont souvent des consommateurs d’alcool et de drogues. Le stress peut entraîner une dépersonnalisation et des phénomènes hallucinatoires de courte durée.
Question Phobie sociale
AnswerLa peur ou l’anxiété intense qui caractérise la phobie sociale est basée sur la crainte d’être jugé(e) négativement (fou, stupide, ennuyeux, antipathique, etc.). L’adolescent(e) craint de rougir, de transpirer, d’avoir les mains qui tremblent, de bégayer, d’offenser les autres, etc.
Question Phobie spécifique
AnswerLes phobies sont des peurs persistantes et intenses, irraisonnées, ou excessives, déclenchées par un objet ou une situation spécifique (p.ex., prendre l’avion, les hauteurs, les animaux, avoir une injection, voir du sang).

Les peurs chez les enfants étant un phénomène normal, pour évoquer la phobie il faut que le jeune ressente une peur marquée, persistante et déraisonnable en présence de, ou lorsqu’il anticipe une confrontation avec un objet ou une situation spécifique.

Question Suicidalité
AnswerLe terme de ‘suicidalité’, de l’anglais ‘suicidality’ réfère à l’ensemble des comportements et des pensées en relation avec le suicide. Les pensées et les comportements suicidaires forment un continuum allant des idéations suicidaires (pensées concernant un désir de mourir), à la menace de suicide, à la tentative de suicide et au suicide complété. L’intentionnalité du désir de mourir prend la forme d’un plan.
Question Trouble des conduites
AnswerLe trouble des conduites est un ensemble de conduites répétitives et persistantes consistant à bafouer les droits fondamentaux d’autrui ou les normes et règles sociales correspondant à l’âge de l’enfant.

Ces jeunes manifestent peu d’empathie. Ils interprètent les intentions d’autrui comme hostiles et menaçantes et réagissent avec une agressivité qu’ils considèrent comme justifiée. Ils ne ressentent ni culpabilité ni remords, tolèrent mal la frustration, sont irascibles, font des accès de colère et sont imprudents.

Chez les garçons, les bagarres, les vols, le vandalisme, les problèmes de discipline à l’école sont habituels ; chez les filles, ce sont plutôt les mensonges, l’école buissonnière, les fugues, l’usage d’alcool et de drogues et la prostitution.

Question Troubles dépressifs
AnswerLes troubles dépressifs se caractérisent par une humeur dépressive ou irritable, une perte d’intérêt ou de plaisir, et d’autres symptômes comme la tristesse, des pensées de mort, des troubles du sommeil, etc. Les jeunes se décrivent de façon négative et pensent que personne ne les aiment. Les parents constatent l’irritabilité, les changements d’humeur, les plaintes à propos de tout et de rien, et le désintérêt du jeune pour ses activités favorites. Les jeunes déprimés sont tristes et pleurent facilement.
Question Trouble oppositionnel avec provocation
AnswerL’opposition se manifeste par un ensemble de comportements négativistes, hostiles ou provocateurs, par de l’obstination, une résistance à suivre les consignes et par le refus de faire des compromis, de céder, ou de composer avec les adultes. La provocation consiste à tester les limites délibérément et en permanence, à ignorer les ordres ou à les contester et à refuser les reproches. L’hostilité s’exprime par l’agressivité verbale et la volonté d’embêter les autres. Le jeune est en perpétuel conflit avec ses parents, ses professeurs ou ses camarades et justifie sa conduite comme une réponse à des demandes déraisonnables ou des circonstances injustes.