Quelques statistiques

Selon l’OMS les problèmes de santé directement ou indirectement associés à la santé mentale représentent plus de 50 % du « fardeau global » des maladies dans les sociétés développées, davantage que le cancer et les maladies cardiovasculaires réunies.
Les maladies mentales sont stables et plus de la moitié débutent avant 14 ans.
Les enquêtes de population situent la prévalence des problèmes de santé mentale chez les jeunes entre 10 % et 25 % selon les études.
Ces données rendent illusoire une amélioration de la situation sans une approche populationnelle systématique de la santé mentale des jeunes.

Avantages et limites de la prévention universelle

Les programmes de prévention dits « universels » préviennent la stigmatisation.
Ils sont bénéfiques à la plupart des enfants, mais ils ne font pas baisser la prévalence des troubles mentaux.
Leur impact sur ceux qui ont déjà des problèmes est limité,
car ils ont peu d’impact sur les facteurs de risque et les maladies existantes.

L’égalité d’accès aux soins

Étant donné la difficulté qu’ont les parents et les enseignants à tolérer les comportements déviants, les jeunes qui sont pris en charge sont généralement ceux qui dérangent.
Ceux qui présentent des problèmes de dépression et d’anxiété (qui peuvent conduire au suicide) sont rarement identifiés car ils ne dérangent pas.
Le suicide est la troisième cause de décès des adolescents américains et la seconde au Québec.  Dominic donnerait à tous les jeunes un accès égal aux services.

L’organisation des services

Depuis plus de 60 ans on sait que la gravité des problèmes de santé mentale est proportionnelle au nombre de symptômes.  C’est l’approche préconisée par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et l’APA (American Psychiatric Association) depuis 40 ans.
C’est l’approche utilisée en recherche, en clinique, pour les statistiques et par les compagnies d’assurance.

L’organisation des services est le seul secteur de la santé mentale qui n’en tienne pas compte.

Le nombre d’habitants, des raisons politiques, ou des impressions subjectives sont à l’origine de la répartition des ressources disponibles.
Un simple décompte du nombre de symptômes permettrait de consacrer les ressources à ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire aux plus souffrants, aux plus à risque et aux plus dangereux pour eux-mêmes et/ou pour autrui.

Ceux dont les symptômes sont moins nombreux pourraient bénéficier de programmes familiaux (p.ex. le développement des compétences parentales) et d’interventions de groupe (moins coûteuses).
On éviterait ainsi que les problèmes ne s’aggravent jusqu’à ce que le milieu ne soit plus capable de supporter le jeune et le réfère à un service de santé mentale.