Un adolescent agresse un de ses camarades de classe

 

Nos habitudes de vie et nos valeurs se mettent en place pendant l’enfance et l’adolescence.

Comment nos forces et nos fragilités s’installent

La plupart des difficultés émotionnelles et comportementales des enfants découlent de caractéristiques génétiques plus ou moins présentes chez chacun de nous : les problèmes de comportement découlent de l’agressivité et les éléments anxio-dépressifs de la peur du danger.

Notre programmation génétique est remodelée par l’environnement de l’enfant et surtout par les relations d’attachement du bébé.  En effet, la croissance post-natale du cerveau est maximale pendant les premières années (de 350 cc à la naissance à environ 1300 cc à 4 ans et demi).  C’est pourquoi la façon dont on s’occupe des enfants influence leurs circuits neuronaux et leur personnalité.

La réorganisation cérébrale se poursuit pendant l’adolescence et installe les repères qui vont nous guider pendant toute notre existence.

Ces deux composantes, génétique et familiale, auxquelles il faut ajouter le stress, déterminent la façon dont nous nous comportons, nos tendances.

Comment vont les jeunes

Environ 80% des jeunes ont des attitudes, des réactions et des émotions adaptées aux événements qui les déclenchent.  Tous sont troublés, tristes, agités, ou surexcités à certains moments, mais ces réactions sont passagères.  L’intégration des savoirs scolaires et l’acquisition des compétences nécessaires à la réussite ne leur pose pas de problème.

Environ 15% des jeunes ont des réactions excessives plus fréquentes, des peurs ou des émotions inadéquates qui signalent un malaise.  Ils ont besoin de soutien pour apprendre à contrôler leurs tendances et développer leur potentiel.

Environ 5% des jeunes agissent, se sentent, pensent et interagissent avec les autres de manière généralement inappropriée, ce qui entraîne de la détresse et/ou un mauvais fonctionnement.  Il ne s’agit plus de réactions passagères.  La qualité de vie de ces jeunes et leurs performances scolaires en sont affectées.

Comment bien-être et mal être se mesurent

L’Organisation Mondiale de la Santé évalue la santé mentale en comptant le nombre de manifestations associées aux différents troubles.  Nous réagissons tous aux événements de la vie quotidienne, c’est normal.  Mais lorsque ces réactions deviennent fréquentes, durables et qu’elles entraînent de la détresse, elles deviennent inappropriées.

Par exemple, il arrive à tout le monde d’être triste, ce qui se traduit par une humeur triste ou maussade, une envie de pleurer, une perte d’énergie, on n’a envie de rien, les plaisirs perdent leur côté agréable, on pense à la mort, etc.  On parle de dépression lorsque ces manifestations sont nombreuses.  La gravité du problème augmente avec leur nombre.